Souffler...
Déjà la fin de ce premier
trimestre ! je suis stupéfait de la façon dont filent les semaines sans
que je les voies passer. J’ai l’impression, ce n’est pas nouveau, que le temps
s’accélère à mesure qu’on vieillit.
Mais cette bousculade du
temps est aussi la conséquence de la multiplicité de ce que je fais, ce qui d’un
côté est bien, cela vaut mieux que des phases plus apathiques ou dépressives
que j’ai pu connaître à certaines périodes. Mais je suis fatigué d’avoir sans
cesse ce sentiment d’être dans l’urgence, avec mes « to do lists »
sur le coin de mon bureau, d’avoir cette impression, chaque fois que j’ai
terminé quelque chose, qu’il y en a autant à venir, d’être toujours plus ou
moins débordé. Tel boulot à terminer pour le bureau, tel livre à lire qui
m’attend et me nargue sur mon étagère, tel film à voir avant qu’il ne soit
retiré du circuit, tel texte à écrire que j’ai déjà à moitié dans la tête, mais
à moitié seulement c’est justement là le problème, il y faudrait du travail
donc du temps. Et du coup je m’interdis de simplement me laisser aller, de me
poser sans regarder l’heure, juste pour m’arrêter, juste pour souffler…
Alors ça va me faire du bien
de filer une petite semaine en Bretagne avant de revenir ici pour les réunions
de famille propres à la période. (J’ai hésité sur le terme « obligations
familiales » ou « fêtes de famille », finalement j’ai écrit
« réunions de famille », le terme le plus neutre, le moins connoté,
le plus proche de mon ambivalence par rapport à tout ça, envie-pas envie.)
Je ne prends que peu de
choses, des vêtements bien chauds et confortables, une parka pour la pluie,
quelques livres seulement, de quoi écrire mais pas d’ordinateur et surtout, je
n’aurais pas internet, cet internet si envahissant, source de plaisirs et de
découvertes mais aussi d’errance et de dispersion. Déconnexion salutaire!
Les garçons ne suivent pas
le mouvement, ça leur paraît totalement baroque d’aller dans une petite station
bretonne en plein hiver, nous ne partons qu’à deux, tranquilles.
Pas grand chose à faire
là-bas à cette saison en effet, sinon justement souffler, respirer, marcher sur
la plage, regarder la mer, se laisser bercer par son flux et son reflux,
regarder le ciel et regarder l’horizon, revenir se pelotonner au chaud dans
notre petit appartement avec un bon livre et un stylo peut-être ...
Oui ça va faire du bien…