Déception
Je suis déçu. Et un peu
triste. Un peu parce que l’équipe de France a été battue. Mais pas tant
finalement à cause de ça, le parcours a été beau de toute façon. Et il fallait
un vainqueur et un vaincu entre des équipes qui l’une comme l’autre étaient à
la fois de très haut niveau et portaient les stigmates de l’épuisement.
D’ailleurs une victoire aux tirs aux buts, dans quelque sens qu’elle soit,
n’est jamais une très belle victoire, elle repose tant sur les aléas de la
dernière seconde.
Non je suis surtout déçu et
triste par et pour Zidane. Je voyais en lui, au delà de la beauté de son jeu,
quelqu'un qui faisait rayonner une image du sport qui m’était sympathique, par
le rapport chaleureux qu’il manifestait à ses adversaires, par son sourire quasi
permanent, par son élégance, par une certaine douceur émanant de lui même dans
des gestes violents (par exemple lors des tirs de penalty on avait presque le
sentiment qu’il caressait la balle au moment de l’expédier avec une précision
millimétrée et une puissance impressionnante).
Je suis atterré par ce coup
de tête qu’il a donné à son adversaire. Atterré parce que ça ne lui ressemble
pas. Atterré parce que ce sera le dernier geste de sa carrière, une bavure qui
casse cette sortie en apothéose qui était la sienne, qui aurait été la sienne,
match gagné ou match perdu. Je ne lui jette pas la pierre. Il faut une force de
nerfs assez exceptionnelle pour résister aux pressions de tous ordres qu’impose
ce genre de compétition. Il a craqué c’est tout. C’est aussi le signe de son
épuisement physique et mental, mais quel dommage, quel dommage…
Pauvre Zidane. J’imagine
qu’il va ruminer longtemps en lui ce bref moment de perte de contrôle, qu’il
doit se rejouer le film, qu’il voudrait pouvoir le rembobiner, le rembobiner ne
serait-ce que de quelques micros-secondes et effacer ce geste absurde.