Sérénité
Hier et ce matin encore
moments continus paisibles et de bien-être. Presque à ma surprise !
Hier pourtant j’ai bien dû
constater en allant au marché sans prendre ma béquille que ça tirait encore
sérieusement, le retour à la normale se fait attendre, j’ai l’impression que ça
stagne en ce moment, ça aurait dû m’agacer. Ensuite en allant préparer des
choses au bureau j’ai vu, comme je l’avais craint et contrairement à ce qu’on
m’avait assuré sans laisser planer l’ombre d’un doute, que les travaux
n’étaient pas terminés, nous allons donc reprendre dans de mauvaises conditions
et effectuer notre propre réaménagement à moitié dans le chantier. Là aussi ça
ne m’a fait quasiment ni chaud, ni froid. Je n’y suis pour rien, c’est comme
ça, c’est tout, on fera comme on pourra, basta.
Ensuite nous allions dîner
chez mon père pour fêter le retour de mon neveu revenu aujourd'hui des USA où
il a passé tout l’été chez une amie de ma sœur. Nous avons été à la piscine qui
est sur le toit de son immeuble. Il faisait beau et doux. Après le bain tandis
que les autres redescendaient à l’appartement je suis sorti sur la terrasse,
j’y suis resté seul un bon moment à regarder Paris et le ciel et le lumière du
couchant, j’ai vu ce paysage des dizaines de fois mais je ne sais pourquoi
cette fois ci je me suis senti plus particulièrement en harmonie, adhérant
parfaitement à l’instant, cette lumière, les toits éclaboussés de soleil, la
vague rumeur montant de la ville, les cloches d’une église qui se sont mises à
retentir (c’est rare les cloches qui sonnent à Paris désormais, je ne sais pour
quelles raisons celles-ci sonnaient, c’est rare à moins qu’on ne les entendent
plus), voilà j’étais là, je me suis attardé…
Ce matin c’est la pluie
battant le velux au-dessus de ma tête qui m’a réveillé. Je me suis levé tôt.
J’ai été m’occuper à remplir des albums photos. Je fais ça toujours de façon
assez décalée. Là j’en suis à coller des photos de l’hiver dernier puis de
notre voyage en Tunisie à Pâques. Habituellement je suis assez dans
l’ambivalence lorsque je fais ça, à la fois j’ai envie de le faire, je m’en
sens comme une espèce d’obligation pour que ces clichés ne se perdent pas, ne
s’oublient pas dans des boîtes et dans le fouillis des années, mais je le fais
non sans un certain malaise dont je perçois vaguement les raisons. Mais pas
cette fois ci. Je fais ça avec plaisir, dans le plaisir de l’instant, dans le
plaisir de la composition de pages harmonieuses. Je le fais dans le plaisir de
l’acte lui-même. L’acte pour l’acte, dissocié de l’attente de son résultat. Ça
me rappelle des trucs discutés au cours de yoga ça.
Là dessus le temps a l’air
de vouloir se relever, il ne pleut plus et passent par moments au-dessus de moi
de vives tâches de soleil.
Á quoi cela tient-il cet
état de sérénité tranquille si rare chez moi ? Va savoir ! Je ne me fais nulle
illusion sur sa capacité à perdurer mais tel quel c’est bon à prendre.