Samedi, Parc de Bercy, images et pensées...
Cet après-midi encore, ce
que nous devions faire ensemble a capoté...
Je suis donc parti tout seul
avec le projet d’aller au cinéma mais sans l’idée d’un film précis à voir. Il y
a eu une jolie éclaircie et j’ai finalement préféré me promener. Il y a
toujours quelquechose à voir : d’abord sur le terre-plein de la
bibliothèque une expo bizarroïde puis de l’autre côté de la passerelle des
jongleurs sur la pelouse de Bercy, un peu plus loin des queues impressionnantes
en direction du palais omnisport. Je m’en approche. Foule sage, immobile,
attendant patiemment, looks mêlés mais beaucoup de noir, des filles très
maquillées, pas mal de jeunes en style gothic… Renseignement pris, c’est un
concert d’Indochine qui va avoir lieu, mes connaissances musicales sont très
piètres, je croyais que ce groupe avait cessé d’exister…
Je m’assieds. Il fait bon.
Je regarde. Toujours je regarde. Il y a plein d’images que j’aurais pu, que
j’aurais voulu retenir. Mais je n’ai pas pris mon appareil. On devrait toujours
prendre son appareil. Tant pis. Il ne faut pas tenter de tout vouloir faire
rentrer dans la petite boite…
Est-ce que je suis
bien ? Est-ce que je suis mal ? J’aurais du mal à répondre. Il y a
beaucoup de pensées qui glissent, certaines sont en lien avec la journée de
jeudi. De ce qui s’y est dit et plus subtilement de ce qui s’y est échangé
d’impalpables présences. Je sais ce qui me manque. Je le sais depuis longtemps.
Depuis des années. Peut-être que ça prend plus d’acuité ces derniers temps. Je
ne peux même pas dire ça, disons plutôt que ça prend une forme différente. Mais
ça pèse. Ça plombe des journées comme celles-ci. Et je sais ce que je devrais
faire ce soir. Si je peux…
En même temps il y a
beaucoup de beauté. Je retourne sur la passerelle. Je regarde la Seine, je
regarde le ciel. La lumière change. Il y a par moments de vifs coup de soleil
dans un ciel pourtant très chargé, c’est un soleil du soir qui accentue les
contrastes, qui sculpte les formes. Je me rassois. Je n’ai pas envie de
rentrer. J’ai envie de m’éterniser. Il fait bon maintenant…
Je regarde. Je fais mes
cadrages dans ma tête. J’essaie d’enregistrer. Et de remplacer l’appareil photo
oublié.
Et puis j’écris. Juste j’écris. Parce que j’aime ça.
(Ecrit hier samedi sur mon petit carnet, retranscrit aujourd'hui, dans mon cocon, sous mon velux sur lequel tambourine la pluie...)