Sur la pointe des pieds
Cela fait trois jours que je
suis rentré. Je me sens flottant, très flottant, dans une indécision de tête et
de stylo qui rend difficile mon retour en ligne.
Le séjour s’est bien passé
mais ce n’est pas pour autant que je me sens bien une fois la parenthèse
refermée. Comme je le pressentais nous avons du mal à organiser la suite de nos
vacances entre diverses obligations familiales ou autres et tensions muettes de
couple. J’ai pris à la randonnée que nous avons effectué l’habituel plaisir de
dépaysement, de beauté et de découverte. Nos compagnons de voyage, deux couples
un peu plus jeunes que nous, étaient sympathiques et intéressants, mais je ne
me suis pas toujours senti bien à leur contact parce que tout ce qu’ils
laissaient transparaître de la richesse et du dynamisme de leur vie me
renvoyait à mes propres insuffisances et frilosités.
Je me suis reconnecté avec
une étrange ambivalence, avec le sentiment d’une urgence et en même temps une
volonté de distance. J’ai été voir mes mails bien sûr, sans doute est-ce là
qu’étaient mes attentes les plus fortes mais je n’en avais pas des personnes
qui m’auraient importé. La blogobulle dès qu’on ne l’entretient plus assidûment
se fait lointaine. Puis j’ai fait une première tournée de ma blogosphère mais
sans investir vraiment ce que j’ai lu, avec la volonté de ne pas m’en
« charger », de ne pas encombrer affectivement. Comme si je voulais
retrouver la lecture naïve, de découverte des premiers temps et pas la lecture
impliquante d’un cercle d’amis.
Je me sens aussi à distance
pour l’écriture. J’ai des idées de chronique dans la tête, suggérées par mes
vacances, par mes rencontres, par mes lectures et je ne sais si je veux
vraiment prendre le temps les faire venir au jour. Je veux retranscrire aussi
les quelques notes de voyage à fonction purement mémorielles que j’ai
gribouillées au jour le jour mais même ça j’ai du mal à le faire. C’est comme
si je ressentais un excès des écritures du moi et des autres investissements
qui vont avec et qu’il me faille regarder ailleurs. Mais où ? Et si ce
cycle-là de ma vie commençait à s’essouffler lui aussi, s’il devait s’épuiser,
qu’y aurait-il après ce cycle ?
Flottant vous dis-je !