Archéologie: ma blogosphère 2004
L’autre jour je me suis
googlisé moi-même et à mon plus grand plaisir.
J’étais tombé peu auparavant
dans un commentaire chez Pierre sur un certain « chat fou », auteur
du « Narcissite », ce qui m’a rappelé un ancien d’internet croisé
autrefois. Chat fou ? chien fou ? Il y avait me semble-t-il une
mutation de l’animal. Après avoir jeté un coup d’œil à son blog actuel j’ai
tapé « chat fou narcissite » sur Google et j’ai vu apparaître dans
les résultats de la requête une de mes propres pages totalement oubliée.
Au début de ma pratique
d’écriture en ligne j’avais essayé de tenir une sorte de répertoire de mes
sites favoris avec mini descriptifs et suivis des sites pour signaler leurs
transformations principales, migrations, disparitions, changements
d’orientation. Au bout d’un moment comme ça devenait trop contraignant pour le
faire sérieusement j’avais désactivé le lien vers cette page, me contentant de
faire figurer plus banalement dans la marge de mon site un blogroll sans
commentaire.
Mais cette page elle est
bien toujours là sur internet, prête à ressurgir sous les couches accumulées
d’écritures, de sons, d’images produites dans l’immédiateté du présent. Des
couches qui se superposent. Oui c’est bien cela et qui me fait sentir à quel
point il est juste de parler d’archéologie. Et trois ans à l’échelle du net
c’est déjà une couche profonde, non sous les sables du désert mais sous
l’accumulation de nos babils démultipliés.
J’ai retrouvé là bien sûr
quelques uns de nos anciens, les diaristes au long court, toujours présents et
bien présents, n’est-ce pas Pierre, Eva, Alain, Lou, Marie, Sylvia et quelques
autres. J’en ai lu certains sans discontinuer, d’autres épisodiquement que j’ai
ensuite oublié, mais qui continuent d’être en ligne, parfois ailleurs, tel ce
« chat fou ». Enfin il y a là des sites encore présents mais devenus
muets depuis longtemps, d’autres encore qui ont carrément disparu soit de leur
propre initiative, soit parce que le serveur qui les hébergeait a mis la clé
sous la porte.
Je me suis promené avec
bonheur dans pas mal de ces liens. Lorsque je suis tombé sur ceux qui
pointaient dans le vide, je me suis dit : dommage. C’est tout un pan
d’histoires et de sensibilités humaines effacées. Des histoires minuscules
certes mais l’accumulation des histoires minuscules c’est une part de l’esprit
du temps. Et puis il y avait là-dedans aussi quelques très, très beaux textes,
je repense à l’instant par exemple aux beaux « secrets partagés » de
Cassandra mais il y en avait d’autres. Mais je sais aussi que certains
diaristes en ligne trouvent que leur écriture ne prend son sens que dans son
caractère éphémère. Alors bien sûr chacun fait comme il veut. Cela dit rien que
de voir les noms de ces sites disparus évoqués, rien que de retrouver cette
liste à laquelle je ne pensais plus et mes courtes présentations datées, cela a
été pour moi une bouffée agréable de passé.
La voici cette page.
Peut-être amusera-t-elle les blogueurs d’aujourd'hui qui n’étaient pas nés
alors (internautiquement parlant), peut-être émouvra-t-elle les diaristes
anciens en les remettant dans l’ambiance de ce temps.