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Les échos de Valclair
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24 octobre 2007

Archéologie: ma blogosphère 2004

L’autre jour je me suis googlisé moi-même et à mon plus grand plaisir.

J’étais tombé peu auparavant dans un commentaire chez Pierre sur un certain « chat fou », auteur du « Narcissite », ce qui m’a rappelé un ancien d’internet croisé autrefois. Chat fou ? chien fou ? Il y avait me semble-t-il une mutation de l’animal. Après avoir jeté un coup d’œil à son blog actuel j’ai tapé « chat fou narcissite » sur Google et j’ai vu apparaître dans les résultats de la requête une de mes propres pages totalement oubliée.

Au début de ma pratique d’écriture en ligne j’avais essayé de tenir une sorte de répertoire de mes sites favoris avec mini descriptifs et suivis des sites pour signaler leurs transformations principales, migrations, disparitions, changements d’orientation. Au bout d’un moment comme ça devenait trop contraignant pour le faire sérieusement j’avais désactivé le lien vers cette page, me contentant de faire figurer plus banalement dans la marge de mon site un blogroll sans commentaire.

Mais cette page elle est bien toujours là sur internet, prête à ressurgir sous les couches accumulées d’écritures, de sons, d’images produites dans l’immédiateté du présent. Des couches qui se superposent. Oui c’est bien cela et qui me fait sentir à quel point il est juste de parler d’archéologie. Et trois ans à l’échelle du net c’est déjà une couche profonde, non sous les sables du désert mais sous l’accumulation de nos babils démultipliés.

J’ai retrouvé là bien sûr quelques uns de nos anciens, les diaristes au long court, toujours présents et bien présents, n’est-ce pas Pierre, Eva, Alain, Lou, Marie, Sylvia et quelques autres. J’en ai lu certains sans discontinuer, d’autres épisodiquement que j’ai ensuite oublié, mais qui continuent d’être en ligne, parfois ailleurs, tel ce « chat fou ». Enfin il y a là des sites encore présents mais devenus muets depuis longtemps, d’autres encore qui ont carrément disparu soit de leur propre initiative, soit parce que le serveur qui les hébergeait a mis la clé sous la porte.

Je me suis promené avec bonheur dans pas mal de ces liens. Lorsque je suis tombé sur ceux qui pointaient dans le vide, je me suis dit : dommage. C’est tout un pan d’histoires et de sensibilités humaines effacées. Des histoires minuscules certes mais l’accumulation des histoires minuscules c’est une part de l’esprit du temps. Et puis il y avait là-dedans aussi quelques très, très beaux textes, je repense à l’instant par exemple aux beaux « secrets partagés » de Cassandra mais il y en avait d’autres. Mais je sais aussi que certains diaristes en ligne trouvent que leur écriture ne prend son sens que dans son caractère éphémère. Alors bien sûr chacun fait comme il veut. Cela dit rien que de voir les noms de ces sites disparus évoqués, rien que de retrouver cette liste à laquelle je ne pensais plus et mes courtes présentations datées, cela a été pour moi une bouffée agréable de passé.

La voici cette page. Peut-être amusera-t-elle les blogueurs d’aujourd'hui qui n’étaient pas nés alors (internautiquement parlant), peut-être émouvra-t-elle les diaristes anciens en les remettant dans l’ambiance de ce temps.

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Commentaires
A
Je me souviens parfaitement de cette page descriptive !<br /> C'était un très bonne présentation des sites.<br /> Que de souvenirs accompagnés des sensations qui y correspondent me reviennent rien qu'en voyant les noms....<br /> <br /> Difficile de ne pas se laisser prendre par une certaine nostalgie vis à vis de certains/nes...<br /> <br /> Je pense que certains bloggeurs au long cours sont partis pour un voyage sans retour... Enfin, je parle de moi là !<br /> Pourrais-je un jour fermer "Alainx" ? <br /> Cet "avatar" qui est tout à la fois moi-même et un autre ?<br /> Curieuse aventure au demeurant....
V
Oui bien sûr je pourrais commenter les commentaires jusqu'à demain, mais bon j'ai quelquechose sur le feu...<br /> Voilà des discussions qu'on a déjà eues et qui sont forcément récurrentes, les positions là dessus sont mouvantes et mouvantes pour chacun d'entre nous selon les moments. <br /> C'est pour ça que j'aime bien mon image de la crête, le paysage change, le lectorat change (les lectorats devrait-on dire, c’est bien ça qui est compliqué), la blogobulle est plus ou moins présente, on y est plus ou moins directement et affectivement impliqué, donc on se positionne différemment. Mais c’est bien d’avoir justement cette conscience de la crête. Beauté du cheminement mais attention aux chutes, il faut garder l’équilibre qui convient, qui nous convient. Et si la crête devient arête périlleuse on est tout à fait fondé à renoncer, à attendre, à mettre de côté, ce qui peut parfois conduire à se retirer carrément mais pour revenir peut-être différemment.<br /> Car ce qui me frappe moi tout de même en revoyant cette page c'est plus que ceux qui ont disparu le nombre important de ceux qui persistent sur le long cours. En fait je dirais environ les deux tiers. Et quand je vois que la Pivoine que je ne croyais pas éclose en 2004 était en fait déjà fleurie... <br /> Sourires à toutes et tous...
P
et tout ça se trouve... ici (mais c'est pas terrible, je te préviens o;)<br /> <br /> http://www.testamentdespoetes.be/renal1.htm
P
2004... <br /> <br /> Si j'avais su qu'un jour je pourrais ouvrir un vrai blog (je veux dire, sur une plate-forme de blogs ou sur un site comme free.fr, ou tout autre), je n'aurais pas effacé mon premier blog. <br /> <br /> J'écrivais sous le pseudo de Mme de Rênal, un blog qui s'intitulait "de la couleur avant toute chose" (je crois o;) - il en reste quelques pages sur le Testament des poètes. <br /> <br /> Il y avait une blogueuse sur le même site, Mélie, qui tient un blog très intéressant sur 'entièrement nu', 'Mélie' ou encore 'Les enfants rouges' (Très intéressant, elle est psychiatre). Evidemment, je ne connais rien de ces noms que tu cites, et à part toi, j'ai découvert Alain X et Coum, par exemple, à l'intérieur d'Obsolettres. <br /> <br /> Quand on parle du temps et de la virtualité, au sein des blogs... Je dirais qu'en matière d'interactivité, (rapports entre blogueurs), cela me rappelle un peu le principe des correspondances. Comment gérer une relation à distance au sein d'une correspondance? Avec Internet, la chose est devenue plus rapide, donc peut-être plus simple et plus difficile à gérer ensemble. <br /> <br /> Dans l'ensemble, les rapports me semblent aussi plus cordiaux que sur tous les forums de discussion que j'ai pu fréquenter. Mais je ne suis pas toujours d'accord avec les remarques que l'on fait sur vraie vie/fausse vie, vie réelle, vie virtuelle, parce que ceci me semble être la suite logique que quelque chose d'ancien qui existait déjà bien avant nous - mais sous d'autres formes...
P
Je ne peux laisser passer cette note sans y laisser ma petite contribution... Tu sais que je suis très attaché à l'observation de l'écriture en ligne, son évolution, les rapports et relations qu'elle permet. S'il est vrai que certains noms on "disparu" (ou ont transformé, déménagé leur terrain d'expression), j'aime voir que d'autres "tiennent le coup" dans une certaine constance (fidélité ?) et continuent de partager leurs vies à la fois infimes et fortes d'authenticité. J'aime lire ce suivi au fil des ans, voir comment évolue tel ou telle. C'est comme une présence que l'on peut retrouver à loisir, ou suivre avec régularité.<br /> <br /> Oui, certains ont choisi de s'effacer, bien souvent parce que le rapport entre intimité (relative) et mis en public semble être définitivement un rapport complexe à gérer. Et plus encore, comme le souligne Coumarine, lorsque l'anonymat est tombé. Écrire sur soi, et plus encore lorsque d'autres écrivants sont concernés/impliqués/identifiés, devient un exercice de haute voltige qui, j'en suis persuadé, peut devenir "dangereux" pour le psychisme. La limite entre l'intime est le public reste sensible, parce que variable selon chacun.<br /> <br /> Bon, je m'arrête là, je serais bien capable d'en écrire plus long dans les commentaires que ton texte ;o)
Les échos de Valclair
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