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Les échos de Valclair
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21 octobre 2007

Parc Montsouris

J’étais seul cet après-midi avant la fort sympathique soirée qui s’annonce, j’avais des projets de cinéma mais j’ai trouvé que le ciel était décidément trop bleu, le soleil trop caressant pour aller m’enfermer dans une salle obscure. J’aurais pu me mettre sur ma terrasse avec bouquins et carnets, c’est le privilège d’avoir une terrasse en plein Paris, mais la saison est avancée, le soleil n’y parvient plus et à l’ombre il fait trop frais. Et puis dehors il y a ce plaisir de voir la vie qui passe.

J’ai donc pris ma besace et me suis mis en route vers le parc proche. Les places au soleil sur les bancs sont chères mais la pelouse est accueillante. Quoique elle soit signalée comme « au repos » et qu’on ne soit pas censé y poser nos honorables fessiers, une zone au moins manifestement semble bénéficier de la tolérance des gardiens.

Ma lecture est certes plus hachée qu’elle ne l’aurait été à la maison. Il y a mille raisons de lever les yeux : des gamins qui chahutent, un vol de pigeons qui me frôlent (ils ne sont pas farouches les pigeons parisiens !), un type qui s’entraîne à jongler, de belles filles qui passent (il y a toujours de belles filles qui passent !), ou tout simplement la lente descente tourbillonnante d’une feuille juste devant mes yeux, une feuille isolée, solitaire, par ce temps calme et sans vent.

Me reviennent aussi des pensées de mon grand-père. Lors de son dernier voyage à Paris pour venir voir ses enfants et petits-enfants, et alors qu’il était malade déjà et se sachant dans la dernière ligne de sa vie, il était venu un jour déjeuner chez nous et l’après-midi j’avais fait seul une promenade ici avec lui. Quel mois était-ce ? La fin du printemps sans doute, j’ai le souvenir non de chaleur (il n’aurait pas supporté) mais d’une grande douceur. Nous avons fait à pas précautionneux le tour du petit lac, nous nous sommes assis sur un banc, restant un moment à observer comme le font les enfants la manège d’une famille de canards, nous avons observé aussi de près quelques uns des très beaux arbres de ce parc. Le vieil homme se gorgeait de tout, intensément dans le présent. C’était quelques mois avant les fameuses gorgées, à l’occasion desquelles d’ailleurs cet épisode du tour au parc qui était un peu en stand by dans ma mémoire m’est revenu. Et voici qu’aujourd'hui dans ce moment de promenade paisible et solitaire, favorable à la rêverie, il se revivifie à nouveau pour mon plus grand bonheur.

D’écho en écho le passé nourrit le présent et lui donne toute son épaisseur.

Ecrit sur mon carnet hier dans le parc, vers  16h

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Commentaires
V
C’est amusant comme les réactions sont contrastées là-dessus. Nicole86 disait « n’enviez pas les campagnards » et toi tu dis ta peur de Paris…<br /> <br /> Faut pas avoir peur ! mais c’est vrai que même pour moi qui suis pourtant blindé, il y a de plus en plus de choses qui me pèsent à Paris, le métro, tellement pratique pourtant mais on a l'impression dans les moments de grande presse de descendre peu ou prou aux Enfers, la foule des centres commerciaux (les halles, l'horreur!), la distance pour sortir de l'agglomération et se retrouver dans la vraie campagne... <br /> <br /> Mais il faut pouvoir être flâneur de Paris comme tu l’as été aux Butte Chaumont. Bien des endroits, bien des moments s'y prêtent et Paris alors est merveilleux. C'est rigolo, c'est dans ce Parc Montsouris justement que j'avais donné rendez-vous à Telle (provinciale aussi et de pas très loin de chez toi Med'Céline) lorsque j'ai fait sa connaissance. Promis je t'y emmène si un jour tu débarques à Paris!
M
Paris... Cette ville me fait peur, avec son rythme effréné, ses habitants pressés, aux regards éteints ne se croisant pas dans les rames de métro. Sans doute n'y ai-je que des souvenirs parcellaires, n'y ayant jamais vécu. Je n'ai vu que de grandes artères, je n'ai entendu que le bruit strident des freins sur les rails souterrains, je n'ai senti que des gaz d'échappement. Sauf une fois, lorsque nous avons atterri un peu par hasard dans le parc des Buttes-Chaumont au relief escarpé, avec des adeptes du taï chi en action, du silence, du vert, de l'eau, de la lenteur, des enfants. Un joyau dans un bel écrin.<br /> Depuis, cela m'a donné envie de découvrir d'autres parcs. Mais je "monte" peu souvent, c'est une vraie organisation!<br /> <br /> Mes souvenirs de promenades avec mon grand-père m'entrainent sur les côtes normandes, à Langrune et Houlgate, trop peu souvent. Je regrette de ne l'avoir pas connu au-delà de mes 10 ans...
K
Et d'écho en écho, de merveilleux souvenirs émergent, d'abord par elle (Telle), puis à la lecture de votre article...<br /> Merci pour ce moment:)
D
Hmm... Encore une ballade qui fait beaucoup de bien, ici... Merci.
T
J'aime beaucoup cette entrée, et particulièrement ta dernère phrase... peut-être parce que tout cela résonne en moi, il suffit de remplacer "grand-père" par "grand-mère".<br /> <br /> Je t'embrasse.
Les échos de Valclair
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