Déposé!
Je me suis enfin décidé à
déposer mon texte autobiographique Traces à l’Association pour
l’autobiographie.
Enfin est bien le
terme ! Car ça fait longtemps que je tourne autour de l’idée. D’ailleurs
je pense qu’elle était déjà présente au moment où j’ai rejoint d’abord très
discrètement, en simple observateur, cette association il y a maintenant 7 ou 8
ans. J’ai d’ailleurs écrit une préface pour le dépôt dès 2004, j’ai imprimé
plusieurs exemplaires, mais je n’ai pas déposé, j’ai repris et modifié cette
préface fin 2006 mais je n’ai pas plus déposé, arrêté chaque fois par une sorte
de gêne. Traces n’a pas été écrit à priori pour être lu mais plutôt pour
contribuer à une élucidation de moi-même. Même s’il est travaillé dans la
mesure où j’ai cherché à ce que sa forme me donne satisfaction pour elle-même,
il est sans concession et sans prudence, il est direct, parfois cru, parfois
douloureux, il met en scène mes névroses sans les atténuer et ne s’embarrasse
pas d’allusion, art dans lequel depuis que j’écris en ligne, je suis devenu je
crois assez habile, pour être à la fois dans l’authenticité tout en restant
dans la discrétion et en évitant ce qui pourrait être perçu comme de
l’exhibitionnisme. Ecrit dans une période où je n’allais pas très bien, il
donne une image de moi dans laquelle je ne me reconnais pas entièrement.
Pourtant je me suis fait obligation à ne rien modifier sur le fond, la texte en
aurait perdu de sa force et de son équilibre interne. Ou alors il aurait fallu
tout réécrire dans une perspective autre, celle par exemple d’une véritable
autobiographie, mais je n’ai pas envie du tout de faire ce travail.
Á la relecture que j’en ai
faite, pourtant simple survol, je suis tombé sur des fautes de frappe,
d’orthographe, de syntaxe, sur quelques phrases embrouillées au point d’en
devenir totalement obscures. J’ai donc, perfectionniste que je suis, fait un
certain nombre de corrections de forme, me contraignant de ce fait à de
nouveaux tirages, à un nouveau passage chez le relieur. L’un dans l’autre j’y
ai passé pas mal de temps, ça m’a bien occupé ces derniers jours, c’était un
chantier de plus alors que je n’en manquais pas.
Mais le problème surtout a
été de me décider sur le nom sous lequel j’allais déposer: Mon idée de départ
était de déposer sous mon vrai nom, sous mon nom d’état civil, c’était celui-là
qui figurait sur la couverture de mon premier tirage. J’ai pensé à Valclair
aussi, l’idée me plaisait, c’était unifier cette part de moi qui écrit, faire
de ce nom un véritable nom de plume, mais c’était de façon assurée le
dynamitage final de mon anonymat de blogueur dans le milieu apaïste ce à quoi
je ne suis pas encore prêt. J’ai envisagé de prendre un autre pseudonyme mais
c’était contribuer à la multiplication de mes identités alors que je cherche au
contraire à m’assumer dans mon unité.
J’ai finalement choisi une
solution intermédiaire. J’ai signé de mes initiales. Les gens qui me
connaissent et qui me lisent ne seront pas dupes mais au moins éviterais-je que
n’importe qui, à partir d’une recherche sur mon nom dans Google n’aboutisse sur
le compte-rendu auquel ce texte donnera lieu.
Et maintenant c’est fait.
J’ai envoyé mon texte. Il va vivre sa petite vie modeste dans l’association,
être lu et commenté dans un groupe de lecture, puis il sera conservé pour
d’éventuels chercheurs ou curieux futurs. Ce n’est pas grand chose. Mais c’est
beaucoup. C’est une sorte d’arrachement de soi à soi. C’est donner en partage
ce qui jusque là dormait dans le bas d’une armoire. C’est accepter de laisser
voir des parts de moi-même que je n’aime pas, c’est accepter de m’assumer, tel
que je suis, parts de lumière et parts d’ombre mêlées, c’est m’accepter.
Et ça ce ne peut être que
profondément positif !