et giboulées...
Samedi matin nouvelles
tentatives infructueuses et agacement à l’unisson.
Je réagis. Ne te laisse pas
bouffer ta journée mon garçon ! Je veux attendre de voir le fiston
pour avoir une idée de diagnostic avant de porter la machine à réparer. Il
vient en fin d’après-midi. En attendant il me faut choisir un petit
quelquechose sympathique à faire. J’hésite entre les primitifs italiens à
Jacquemart André et les expos de la Maison européenne de la photographie.
Je choisis celles-ci car
elles sont proches de se terminer.
Je pars sous le soleil,
j’arrive dégoulinant de pluie.
Comme toujours j’aime
beaucoup ce qui se fait dans ce lieu. Le fait de présenter plusieurs
photographes sans qu’il y ait aucune logique particulière dans leur association
est très stimulant et toujours intéressant. On apprécie plus certains que
d’autres naturellement mais tous gagnent à cette présentation croisée. Ils sont
suffisamment bien représentés chacun pour qu’on puisse entrer dans un style,
dans une œuvre et suffisamment peu nombreux pour qu’on n’ait pas le sentiment
de zapping en passant de l’un à l’autre. Et ces confrontations donnent la
mesure de la variété et des ressources de la photographie, un art que
j’apprécie de plus en plus.
J’ai commencé avec Combas,
lumineux, festif, décoratif mais qui ne m’émeut pas vraiment. J’ai vu les
photographies de Giorgia Fioro fixant au quatre coins de la terre des hommes
manifestant leur rapport au sacré. J’ai vu celles aussi de Minot-Gormezzano,
jouant des ombres, des reflets, des lumières et des présences ténues des
figures humaines dans la nature. Certaines me paraissait porter un rapport à la
transcendance qui m’émeut bien plus que les visages extatiques des orants de
Fioro. Ainsi dans la magnifique série des Hautes Terres avec ces présences
humaines fortes, puissamment mises en valeur malgré leur petitesse devant
d’amples paysages de montagnes. Je me suis laissé embarquer par l’exposition de
François Rousseau : l’Atelier. Il y a la beauté des corps, il y a le nu et
l’habillé, le voile et la transparence, la travail du photographe et celui du
peintre, le jeu des reflets avec des miroirs arrondis qui évoquent Van Eyck, la
musique de la bande son qui accompagne. Tout ça donne des images aux multiples
résonances. Certaines sont des chorégraphies suspendues dont les mouvements
figés en plein mystère font démarrer l’imaginaire. J’ai eu l’occasion dans des
ateliers d’écriture de constater que j’aimais bien me lancer à partir
d’images : celles-ci donnent vraiment envie de raconter des histoires.
Ciel noir à ma sortie. Puis
déchirure des nuages et soleil éclatant quand j’arrive place des Vosges où je
m’attarde un moment. Je sors mon appareil. Je fais quelques photos paysages
pour capter cette belle lumière sur l’ocre des bâtisses. C’est beau. Mais ce
qui est plus intéressant c’est d’accrocher les gens, de tenter de fixer quelque
chose d’une ambiance. Je reste à distance, toujours gêné. Mon téléobjectif
n’est pas très puissant. Est-ce que je vole l’image, est-ce que je dépasse mes
droits en les déposant ici ? Peut-être mais il n’y a là rien que de très
doux, rien qui puisse mettre à mal, alors malgré tout je m’autorise…
Et puis figurez-vous, rentré chez moi et en présence du fiston, je rallume l’ordinateur ! Démarrage au quart de tour, écran parfaitement stable ! J’ai du mal à en croire mes yeux et mes doigts tandis que je pianote sur le clavier. Mais c’est incontestable, le problème a disparu. Insondable mystère ! (Je ne me fais aucune illusion, la menace est là, il faut que je fasse les sauvegardes nécessaires, mais n’empêche, pour l’instant, ça marche, aussi vrai que le soleil est revenu après la pluie.)

