Savoureux!
Cet après-midi j’ai eu le
plaisir de passer un long moment avec une de mes blogamies les plus chères mais
que je n’avais pas eu l’occasion de voir depuis plusieurs mois. Pas mal d’eau a
coulé sous ses ponts ces derniers temps et chez elle il s’agit rarement de
longs fleuves tranquilles mais plutôt de rivières assez torrentueuses (quoique
cette fois ci le courant, bien que puissant, me paraisse assez maîtrisé mais là
n’est pas la question…)
Nous avons repris comme à
l’accoutumée nos discussions qui nous conduisent au cœur de nos intimes. Nous
avons largement évoqué nos façons d’être et de vivre dans et hors de nos
couples respectifs. Nous avons parlé de la parole nécessaire et des silences
non moins essentiels. Nous avons parlé de nos envies de liberté impliquant non
seulement de pouvoir s’échapper mais encore de ne pas avoir à rendre compte. Et
j’en étais venu à parler de cette impossibilité à ce que mes parenthèses puisse
s’inscrire éventuellement sur le mode du coup de tête, de l’imprévu, de la
décision sur l’instant sans avoir balisé le terrain, annoncé, préparé. Je
disais mon envie de pouvoir à l’occasion fonctionner ainsi, dans l’immédiateté
de l’envie spontanée, de l’occasion saisie au passage.
A ce moment précis mon téléphone
portable m’a annoncé un message.
Expéditeur : Constance.
Texte : « Je ne
rentre pas ce soir mais demain vers 14h. J’aurai pas mangé. Bises. »
C’est incroyable, voilà, surgissant
de l’autre côté du couple, précisément ce qui faisait la thématique de notre
conversation de l’instant. Je reste stupéfait, car c’est une pratique qui n’est
pas, mais pas du tout dans les habitudes de la maison. Je balaye en une
fraction de seconde quelques hypothèses qui n’en sont pas. Et puis je réalise.
En fait ce doit être un message du fiston qu’il n’a pas pris la peine de
signer, et que sa mère n’a fait que me transmettre. Je suis un piètre
utilisateur de portable et je n’avais jamais utilisé cette fonction, je n’avais
même pas réalisé que cette possibilité existait. J’ai éclaté de rire et, comme
on s’en doute, mon amie qui a eu droit en plus à ma mine un instant si
profondément interloquée, a ri plus encore que moi.
C’était vraiment savoureux
cette étrange conjonction.
Un peu de l’ordre du
« quand on parle du loup… »
Ou bien de ces hasards qui
ne veulent rien dire et qui pourtant disent plus qu’on ne croît.
Qu’est ce que cela m’a
renvoyé du fond de moi-même ?
Ai-je quelquepart l’envie
secrète de recevoir à l’occasion de tels messages pour ce qu’ils m’autoriseraient
en retour ?
Parce ce qu’ils seraient
signes que nous nous accordons mutuellement et sans culpabilité la suprême
liberté de l’improvisation ?
Qui sait ?