Paris sous neige
Encore une fois ce matin, c’était Paris sous neige…
Y a pas, moi j’adore ça même si c’est extrêmement fugace. J’adore ressentir cette ambiance particulière, les sons amortis, la circulation quasi inexistante dans les petites rues que j’emprunte, le crissement de la neige fraîche sous le pas. Je comprends bien sûr que ce soit gênant pour ceux qui viennent de loin et sont obligés de prendre leur voiture ou pour de vieilles personnes effrayées mais je suis toujours surpris que beaucoup de gens sans souci particulier aient l’air de ne pas apprécier, ils avancent comme s’il marchaient sur des œufs, avec un air constipé, engoncés dans des vêtements serrés, écharpe sur le nez, bonnet jusqu’aux yeux. Il n’y avait pas de bise, il ne faisait pas trop froid mais suffisamment tout de même pour que ce soit une petite neige sèche qui tient bien au sol et blanchit la chevelure. Bref c’était un type de neige agréable. J’aime alors pour ma part aller tête nue, ressentir physiquement les éléments et j’aime à marcher sur la neige elle-même plutôt que sur les petits cheminements déneigés par les services de la voirie.
Dans ce goût que j’ai, il y a sans doute des choses qui viennent de très loin, le souvenir des neiges d’enfance, rares là où j’ai vécu, mais si magiques, la neige ainsi est chaque fois comme une petite madeleine.
Ça ne durera pas. Viendra la gadoue. Mais peut-être pas tout de suite. J’écris ces mots à l’heure du déjeuner, pendant le temps de ma pose, la neige tient toujours, le ciel s’est même éclairci, un peu de soleil perce entre les nuages…
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La ruelle immaculée
Et même le boulevard, habituellement très passant...

