Paris sous neige
Qui l’aurait cru, ce matin, dans la petite pluie froide, désagréable ?
Etait-ce cela qu’il chantait l’oiseau ?
La pluie s’est transformée dans la matinée en grésil puis en neige, une neige abondante qui a commencé à bien tenir sur les toits des voitures, sur les ramures des arbres puis sur le trottoir et même sur la chaussée. Les voitures se sont faites plus rares, les sons se sont assourdis. C’était très calme au bureau, nous avions peu de visiteurs. Moi je n’étais pas très actif, un peu comateux à cause de mon manque de sommeil.
Vers trois heures et demie ça tombait toujours. Comme décidément je n’avais pas trop à faire, j’ai décidé de partir plus tôt que prévu. J’ai regagné rapidement la maison, j’ai mis des chaussures plus adaptées et une parka, pris mon appareil photo et suis ressorti faire un tour dans les petites rues vides de mon quartier. Bon, bien sûr ce n’est pas la blancheur immaculée de la neige en montagne, ce n’est pas la belle couche craquante sous le pied mais pour Paris tout de même c’est assez spectaculaire. Il doit bien être tombé une dizaine de centimètres. Les gens qui marchent dans la rue ont l’air joyeux, un vieux papi me dit : « tiens ça fait du bien de voir qu’il y a encore des saisons », un type, plus tout jeune non plus me lance une boule de neige. C’est fou, on se retrouve avec des réactions de gamins. A ma grande surprise le petit square du bout de la rue est resté ouvert. La frénésie du principe de précaution n’a pas encore frappé. Un groupe de jeunes du lycée voisin a fait un grand bonhomme de neige et des gamins plus jeunes chahutent et se lancent des boules.
Je respire. Je me sens bien, ravivé par un tourbillon de sensations, projeté hors de mon ramollissement post insomnie. Je me sens vivant.
Le temps de chienne de Misstic m’a fait un clin d’œil et je ne pouvais manquer de photographier ce panneau, qui était comme un soleil dans toute la grisaille environnante.
Bon je sais bien que pour beaucoup c’est la galère sur les routes et dans les transports. Courage à eux. On constate une fois de plus combien nos sociétés sont fragiles dès qu’on est face à des situations un peu exceptionnelles. Je m’excuse pour cette joie enfantine et qui doit paraître sérieusement déplacée à tous ceux qui galèrent en ce moment, mais bon il n’y a pas de raison de se l’interdire pour autant, cette joie…



