Google or not Google
Il
y a pas mal de diaristes qui ont une méfiance plus qu’affirmée à l’égard de
Google soit par peur de l’intrusion soit parce qu’ils pensent que Google ne
leur amène que de mauvais lecteurs ou en tout cas des lecteurs pour de
mauvaises raisons.
Et
chacun alors de sortir le florilège des requêtes qui on mené jusqu’à eux, de
façon mi amusée mi agacée. Il faut dire qu’il y a quelquechose d’assez drôle à
les parcourir, certaines étant particulièrement baroques ou salaces ou les
deux. En absence d’utilisation des guillemets certaines associations de mots
utilisés n’ont strictement aucun rapport avec le fond de la page pointée. La
confrontation entre ces mots et le page en question est parfois savoureuse, par
la collision qu’elle provoque entre des univers totalement différents et peut
conduire à de sympathiques compagnonnages. Cela dit il est vrai qu’il faut se
méfier en les reprenant, les accusations contre Garfieldd se sont appuyées
notamment sur le fait qu’il aimait à citer les plus chaudes des associations de
mots ayant conduit chez lui, ce sont ces mots qui n’étaient pas de lui qui ont
été utilisés pour présenter son blog comme pornographique.
Je
n’en ai pas tellement des requêtes de ce type. Peut-être que je suis un peu
trop prude dans les termes que j’emploie pour avoir droit à des requêtes très
croustillantes! J’ai bien quelques considérations autour des fellations dont je
vois tout à fait l’origine. Et puis j’ai une « Hélène Grimaud nue »
qui revient assez souvent. Certes la dame est jolie mais je ne l’ai jamais
évoquée ni montrée dans son plus simple appareil !
Mais
au-delà de ces amusements j’ai plaisir à voir que la plupart des gens qui
arrivent par Google le font à partir de noms propres, d’écrivains ou de cinéastes
ou de titres de livres ou de films. Je ne suis pas mécontent d’apparaître dans
les premières pages dans la liste les réponses de Google sur des sujets comme
ça. Ces gens qui passent, même s’ils ne restent pas, même s’ils ne reviennent
pas, lisent ma chronique, je me dis qu’elle leur plait peut-être, qu’elle leur
apporte un éclairage en tout cas, les idées ou les sentiments qui m’ont
traversé et que j’ai tenté de mettre en mots sont donc reçus en partage,
quelquepart, chez des inconnus, au-delà des petites bandes qui nous lisons
mutuellement et ça, ça me plait bien. Je ne m’amuse pas à les compter mais à
l’impression, les noms qui reviennent le plus, ce serait Nina Bouraoui puis Ron
Mueck, la Mélancolie beaucoup sortie ces derniers temps, Armel Job/Helena
Vanneck assez souvent aussi. Il y a eu une pointe importante aussi autour des
« caricatures » et de « Charlie Hebdo », c’est vrai le
sujet fait vendre, il fait marcher le commerce des vendeurs de papier et d’un
même mouvement anime la fréquentation de nos petits coins de toile, c’est vrai
et c’est peut-être dommage mais ce n’est pas une raison pour changer d’un iota
ma position là dessus. J’ai aussi pas mal de monde sur l’expression
« amitié amoureuse » et ça par contre ça me plait bien, parce que mes
deux entrées sur ce thème je les aime bien, je trouve qu’elles expriment de
façon très exacte ce que je pense (ce qui n’est pas toujours le cas, parfois on
a du mal à trouver exactement les mots qui collent à sa propre pensée).
Et
puis j’ai reçu un jour un mail d’un prof marocain vivant en Belgique qui me
donnait le site du village de l’Atlas dont il est originaire, avec les projets
culturels, les projets de développement en cours là-bas, c’est un village que
j’avais traversé au cours d’une randonnée l’hiver dernier et que j’avais cité
dans ma relation de voyage, j’ai été content de recevoir ce lien des mois
après, c’était comme prolonger le voyage, c’était très indirectement
approfondir la rencontre avec ce lieu (c’est vrai que ce jour là on n’avait vu
âme qui vive en le traversant, la plupart des maisons sont des résidences d’été
de gens qui travaillent au loin, dans les grandes villes marocaines ou en
Europe et en plus il pleuvait comme vache ! On avait juste rencontré un
cantonnier esseulé qui travaillait sur le route, il nous avait indiqué une
maison vide accessible avec des terrasses couvertes où on avait pu se réfugier
pour manger notre pique-nique, qui sait peut-être était-ce la maison du prof de
Belgique…). Et ça, ce genre de petite surprise agréable auquel on ne s’attend
pas c’est bien parce que Google ou un équivalent est passé chez nous qu’elles
peuvent advenir.