En vrai
Pourquoi est-ce que je ne
parviens pas à écrire ?
Parce que tentant d’écrire
de la façon dont je l’ai fait hier – réflexions, comptes-rendus, ricochets – je
suis loin de moi ici et maintenant.
Je n’ai pas écrit faux mais
je n’ai pas écrit en tout cas au vrai du vrai de moi même. Le vrai du vrai ce
serait de dire mon malaise, un malaise certes sans grande intensité, je ne suis
ni triste, ni angoissé, mais un malaise réel, persistant, sous-jacent à tout,
je me sens flottant, atone, je suis mollement le mouvement, je n’initie rien.
Le vrai c’est mon sentiment d’être clivé, de ne pas savoir où je suis vraiment.
Le vrai c’est mon envie récurrente de sortir de la fausseté et mon impuissance
à le faire. Le vrai c’est ce silence toujours entre Constance et moi, qu’il
m’est toujours aussi indispensable de briser, toujours aussi impossible à
briser. Le vrai c’est la perspective de mon petit voyage vers mon monde
bloguesque à Toulouse mercredi, à la fois proche et vu d’ici tout à fait
irréel, qu’est-ce donc que je vais y chercher…
Comme j’ai du mal à être
simple. Il y a bien des gens qui ont des vies multiples et les concilient sans
difficulté. Pourquoi est-ce que je ne parviens pas moi à tirer sans
questionnements et malaises aussi bien les potentiels bonheurs tranquilles de
ces jours ici que ceux éventuellement un peu plus aventureux de mes rencontres
toulousaines ?
Démarrant cette entrée j’avais d’emblée imaginé qu’elle allait être « hors-ligne » en me disant pour me donner toute latitude que celle-ci je ne la publierais pas. Mais la relisant je me dis : il n’y a rien là dedans qui nécessite de rester caché, mes fragilités, mes névroses n’ont rien de honteux, rien de disqualifiant, rien qui ne soit susceptible d’entraîner le rejet (ou si ce devait être le cas ce serait de la part des personnes qui m’importeraient peu).
(Ecrit le dimanche 15 avril)