Envie de neige
J’ai d’incroyables envies de
neige d’avoir vu des images de ce qui est tombé ces jours ci du côté de chez
Pierre ou sur les hauteurs du massif central…
Des envies tout ce qu’il y a
de plus concrètes à l’instant même où j’écris, des envies accrochées à des
souvenirs, à des images tout à fait précises du temps de l’enfance ou de
l’adolescence…
Images de ces moments où le
paysage bascule, où la neige commence à tenir, ou le sol peu à peu blanchit
timidement d’abord puis de façon de plus en plus affirmée, la neige qui absorbe
tout, la terre, les maisons, les arbres, les bruits, la neige dans laquelle
tout se fond.
Ou bien encore, autre magie,
la neige tombée pendant la nuit, on ne sait pas mais on pressent quelquechose,
il y a une ambiance, les bruits sont plus diffus, amortis, puis, ouvrant les
volets, on découvre devant soi le blanc ou le gris à l’infini.
Les promenades alors, juste
marcher, se sentir enveloppé par le tourbillon, tirer la langue pour goûter à
la fraîcheur tombée du ciel, jouer à faire des traces de ses propres pas sur le
tapis immaculé. Avoir froid d’abord puis se réchauffer dans la marche et se
réchauffer encore au retour avec la boisson chaude prise auprès du feu de bois.
Il n’y aurait pas d’écran naturellement, un livre seulement, un livre à lire
lové dans un lit profond sous un amoncellement de couettes.
Les vacances de Noël pour
nous c’est ici, dans la ville, dans la foule, avec les boutiques illuminées,
les rassemblements familiaux obligés, le rituel des échanges de cadeaux. Il y a
une part de bon là aussi, je ne le nie pas, mais la vraie magie de Noël ce
serait ça : l’espace, le silence, la neige…
Être transporté, éloigné de
tout, en retrait, éloigné aussi de ces pensées qui me tarabustent trop en ce
moment, il y a quelquechose de purificateur aussi dans ce cocon de blancheur…