Comme beaucoup j’ai été sidéré, au sens fort de la sidération véritable, par cette affaire DSK et je le reste, en partie, même si je commence à faire le deuil, à prendre de la distance.

Lorsque j’ai entendu l’information à la radio, j’ai d’abord été incrédule, je me suis dit, c’est un mauvais rêve, c’est un cauchemar.

Même impression ensuite lorsque j’ai vu ces photos de série policière américaine, avec ce type effondré, hagard, entre les flics ou dans la salle d’audience, sauf que ce n’était pas une série policière, ce n’était pas une fiction.

C’est effrayant cette façon de pointer le suspect, de jeter son image en pâture, au mépris de toute présomption d’innocence, marquant ainsi la personne de façon quasi indélébile même si elle devait ensuite être mise hors de cause. Le déséquilibre, en tout cas en début de procédure, entre l’accusation et la défense ma parait aussi très choquant. Notre système judiciaire, malgré toutes les critiques qu’on lui porte, me parait tout de même bien plus équilibré.

Mais, au-delà, il y a le fond de l’affaire, ce qui s’est passé dans cette foutue chambre d’hôtel.

Je voudrais croire que c’est une manipulation, que c’est un piège.

Mais même si c’est le cas, même s’il s’est fait envoyer dans les pattes une Mata-Hari de circonstance, il n’empêche qu’il est tombé dans le piège, ce qui est signe de faiblesse, signe d’une non maîtrise de soi qui en elle-même suffirait à le disqualifier. Et de façon d’autant plus cruelle qu’il semblait conscient dans une interview récente du risque d’être confronté à ce genre de circonstances !

Si par contre, ce n’est pas un piège, si c’est juste un viol, juste un viol sordide, alors là…

Docteur Jekill et Mister Hyde !

D’un côté, le brillant intellectuel, l’économiste de haute volée, le dirigeant politique, l’un parmi les plus puissants du monde, le possible, le jusque là vraisemblable futur président de la République Française, dont on peut ne pas partager toutes les orientations mais qui semblait néanmoins pouvoir conduire une politique un tant soit peu différente,

Et de l’autre un homme gouverné par ses pulsions, jusqu’à en perdre les pédales, jusqu’à basculer dans la violence sur autrui, un homme malade, ni plus, ni moins qu’un quelconque pédophile ou violeur ou tueur en série, de ceux qui disent lorsqu’on s’empare d’eux: « je ne m’appartenais plus » !

Difficile de faire coller les deux images, l’homme éduqué et rationnel et le compulsif irrépressible, d’où le trouble plus général et l’ombre que l’évènement, s’il se révèle avéré, jette sur toute chose, faisant douter de tout, de tous, comment faire confiance et à qui, rappelant à chacun les monstruosités potentiellement tapies dans la psyché des hommes.

Et l’on entend d’ici redoubler les « tous pourris » de Marine qui vont encore lui permettre de grappiller quelques points supplémentaires.

Tout ça fait un drôle de climat, drôle n’étant pas vraiment le terme approprié !