C’est curieux comme on peut passer des semaines, voire des mois, sans presque se souvenir de rêves et puis tout à coup il en arrive en rafale…

J’aime plutôt ça les rêves, y compris ceux qui ne sont pas très agréables, parce qu’ils ouvrent des  fenêtres sur l’imaginaire et sur l’inconscient.

Celui de ce matin je pourrai tenter de le retranscrire ainsi :

Je me trouve dans le collège où étaient mes fils. Sauf qu’il ne ressemble pas du tout à ce qu’est réellement ce collège, une rébarbative bâtisse de pierre typique des constructions scolaires troisième république. Dans mon rêve c’est un bâtiment ultra moderne, haut de plusieurs étages, avec de nombreuses façades vitrées (images sorties de "Sous toi, la ville", vu trois jours avant ? Peut-être). Je me rends dans l’établissement non en tant que parent d’élève, mais en tant que personnel de l’éducation, à l’occasion du pot de départ à la retraite de l’intendant, un homme qui marche avec des béquilles et qui est encore jeune, pas du tout l’âge de la retraite. Après les discours habituels on passe dans une autre pièce. Je pense que c’est pour le pot. Mais la plupart des assistants ne nous suivent pas, on se retrouve dans une sorte d’amphi où de nombreuses personnes ont déjà pris place. Je m’installe et réalise que, pour le coup, c’est une réunion à destination des parents d’élèves et qui donc ne me concerne pas. Mais je n’ose plus sortir et je me dis que de toute façon ça m’amuse d’y assister, par curiosité. Arrive mon voisin d’immeuble, qui lui a encore des enfants dans le collège. Je lui fais un signe pour qu’il vienne s’asseoir à côté de moi. L’amphi est sonorisé de façon sophistiquée. Mais ça ne marche pas et la réunion ne démarre pas. La principale s’agite sans succès dans une salle de commande vitrée qui a un look de studio d’enregistrement. Mon voisin me dit qu’il s’y connait un peu et qu’il va essayer d’aider. Je le suis. Les participants à la réunion se dispersent partout dans les couloirs et les salles, dans le plus grand désordre et en faisant du bruit, tout parait hors contrôle. Mon voisin et moi nous retrouvons sur le toit terrasse du collège qui domine une place. Il n’y a pas de balustrade. Une femme marche, s’approche du bord, j’ai peur pour elle et suis pris de vertige, mais elle continue à marcher, elle passe dans la continuité et sans chute de la terrasse à la place pourtant plusieurs étages plus bas, je suis stupéfait mais pas rassuré pour autant, la peur persiste en moi tandis que je la vois s’éloigner et se fondre dans la distance. Je veux revenir à l’intérieur du bâtiment. Il n’y a pas de porte, il faut passer par une sorte de hublot surélevé un peu dans le style des cheminées de Beaubourg. Je m’agrippe, je tente un rétablissement, je n’y parviens pas, on me pousse par derrière, on me tire par devant, cahin-caha j’atteins le hublot et je réalise alors qu’il y avait en fait un excellent appui pour les jambes que je n’ai pas vu, je m’éveille avec un désagréable sentiment d’incompétence personnelle et je me sens vieux d’avoir raté une escalade qui ne présentait aucune difficulté…

Je ne cherche pas à interpréter. Juste je me laisse aller à suivre par la rêverie quelques pistes, quelques termes qui font écho évidemment : retraite, vertige, vieillesse, sentiment d’impuissance… Pas spécialement réjouissant mais pourtant globalement ce rêve ne me pèse pas. Et reste aussi, cette image forte, la plus vive, la mieux dessinée, image magique de cette femme glissant sans heurt d’un plan dans un autre, le toit en haut, la place en bas, la verticalité absorbée dans l’horizontalité et pourtant les étages étaient toujours là, merveilleux pouvoir du rêve qui se moque des lois communes du temps et de l’espace…