Il faisait si beau l’autre matin !

Avec cette belle lumière qui accompagne le temps froid de l’hiver.

Avec ce soleil clair qui faisait étinceler le peu qu’il restait de neige dans le square que j’ai traversé sur le chemin du bureau.

Mais tandis que je marchais, m’a traversé soudain cette évidence que je n’étais pas pleinement au spectacle que je traversais. J’étais happé dans mes mots, pensant à des billets que j’avais envie d’écrire, en construisant même mentalement des bribes. C’était comme si se mettait en place une sorte de réflexe, tout mon espace mental un peu vide se trouvant immédiatement investi par cette compulsion d’écrire au détriment du simple plaisir d’être, du ressenti de la sensation immédiate. Comme si la liberté d’écrire ou de ne pas écrire m’échappait. Comme dans une addiction…

Là je me suis dit : danger, ce danger de tout temps si présent chez moi mais qui peut-être, par la force des habitudes et des automatismes que je me suis moi même créés, est en train de devenir de plus en plus menaçant, ce danger de ne me payer que de mots.