Hier soir dans Le Monde ce titre : Un milliard d’euros de bonus pour les traders parisiens.

Un milliard ! Soit pour environ 3500 traders la somme moyenne de 285000 euros. Soit pour chacun l’équivalent de 17 smic annuels. En plus de salaires qui sont déjà considérables !

Mais qu’en font-ils donc ? Comment peuvent-ils être à l’aise à recevoir des sommes pareilles ? Et à faire monter les enchères, à menacer d’aller ailleurs si on les limite, si on les ponctionne trop par l’impôt !

Tout ça alors que le chômage ne baisse pas, que les rues sont pleines de SDF et les métros de mendiants, alors que des pays entiers restent dans des états de pauvreté calamiteux, qui sont eux-mêmes des produits du système, et Haïti bien sûr là dessus nous claque particulièrement à la gueule.

On avait cru, vaguement, mais un peu tout de même, que la secousse de la crise allait contribuer à ce que des choses changent vraiment, que certaines mesures d’encadrement et de moralisation seraient prises pour limiter les abus les plus scandaleux. Mais, à quelques bricoles près, tout continue comme avant.

Et Haïti là-dessus. Et les promesses qu’au delà du drame, on va grâce à la solidarité des états et à la solidarité publique, reconstruire, mais mieux, qu’on va créer un grand fond de développement pour que du mal sorte du bien, et bla, et bla, et bla…

Comment y croire alors ?

Mais oui il faudrait vraiment changer le système. Complètement. Mais comment ? Je ne sais pas. Je ne sais radicalement pas. Bonnes paroles obamaniennes ou social démocrates ou écolos responsables, ok, c’est mieux que rien mais ça paraît tellement insuffisant. Gesticulations de gauche radicales plus ou moins extrême, merci, on a déjà donné, le remède serait pire que le mal. On lit Edgar Morin, on essaie de se convaincre avec lui que même si le pire est le plus probable, il n’est néanmoins pas certain et que le changement de paradigme du système est possible, on dit c’est bien ce qu’il écrit et on hoche dubitativement la tête.

On envoie nos 200€ pour Haïti. Ok et après. Que fait-on ? Rien, on se laisse porter et on essaie de ne pas trop penser à tout ça…

PS : Et ce soir dans le Monde cette belle interview de Dany Laferrière qui dit l’horreur, mais qui dit aussi l’envie de vivre, l’énergie et la solidarité du peuple, la place de l’art et des poètes et qui s’agace à juste titre du trop entendu « malédiction ».