Je ne travaille pas entre Noël et Nouvel An et comme je ne bouge pas non plus de Paris, ça me fait une semaine calme, tranquille, à rythme lent.

Je profite de mes garçons, je vois le reste de la famille plus qu’en temps normal, je reçois et suis reçu, je mange et bois un peu plus que de raison, j’ai le plaisir de faire des cuisines plus élaborées que de coutume, bref je suis installé dans les activités caractéristiques de la « trêve des confiseurs », avec ce que ça a de plaisant mais aussi d’un peu étouffant. Un bol d’air de bord de mer ou de marche en forêt m’aurait sans doute été plus bénéfique !

J’ai fait quelques rangements par le vide dans ma bibliothèque (enfin, vide tout relatif, j’essaie de retrouver quelques espaces de respiration sur mes étagères !). J’ai effectué quelques visites d’exposition, ou du moins j’ai essayé : tentative pour les expos Basquiat et Larry Clark dimanche après-midi, mais trop de queue, je me suis rabattu sur le Musée Guimet que je n’avais pas revu depuis qu’il a été complètement restructuré et éclairci, en laissant largement entrer la lumière naturelle ; lundi exposition France 1500 au Grand Palais, superbe exposition, les pièces choisies sont très belles et magnifiquement mises en valeur en particulier la sculpture, mais là aussi j’ai trouvé qu’il y avait un peu trop de monde à mon goût pour que je puisse me pénétrer des œuvres comme je l’aurais voulu…

Et j’en ai aussi profité pour aller m’initier à Facebook. Je m’y étais inscrit depuis quelque temps mais je n’avais eu aucune activité jusque là, je n’avais rempli aucune rubrique dans mon profil, je n’avais pas commencé à me constituer une liste d’amis. Globalement j’avais jusque là résisté aux sirènes facebookiennes, que ce soient des relations souhaitant que je devienne leur « ami » ou mes propres pulsions à aller voir les profils de x ou de y. Je ne voulais pas en rajouter une couche dans l’usage des nouvelles technologies, dans la sur-communication, dans l’accélération généralisée du défilé des informations, dans le risque de soumission à la dictature du temps court et de l’immédiateté. Je ne voulais pas rajouter une cause supplémentaire à mes tendances à la dispersion.

Là je m’y suis mis. Les amis potentiels ont surgi puis les « vous connaissez peut-être », renvoyant à des amis d’amis. Les fils d’information se sont mis à arriver en rafale de partout et à afficher leur lien tentateur sur mon « mur ». Les contacts nouveaux surgissent d’une façon bien plus démultipliée et rapide que sur un blog. Les sollicitations pour aller cliquer ailleurs sont multiples et ça se comprend, tout le système repose sur cette démultiplication. De proche en proche les listes s’allongent, on voit défiler des têtes, la plupart ne nous disent rien mais quelques unes si : « ah tiens, lui aussi y est… » et alors on va y voir.

Le défilé est assez vertigineux et il faut dire, assez fascinant, au moins dans un premier temps.

J’en suis là, pour l’instant, je découvre, je teste, je m’amuse. A priori je ne pense que j’irai au-delà. Déjà que mon blog, forme d’expression à laquelle j’accorde une bien plus grande importance, bat de l’aile !

Cela dit il peut certainement y avoir un bon usage de Facebook mais qui forcément prend du temps. Il faudrait dans ce cas que je complète vraiment mon profil pour qu’il ne soit pas qu’une coquille (presque) vide puis que je le fasse vivre en annonçant des activités partageables. Mais alors on retombe sur le fait qu’on ne partage pas les même choses avec les mêmes gens.

Le profil que j’ai créé est un profil public, mon profil social, mon profil d’état civil, famille, amis, relations de tous ordres, pas du tout celui du type qui blogue et étale en ligne ses états d’âme et ses écrivailleries. Personne donc n’ira d’ici à là-bas ou de là-bas à ici directement même si bien sûr il y a des zones et des personnes de recouvrement, les ensembles ne sont pas disjoints. C’est évidemment la limite (se sentir clivé alors qu’il y a toujours une part de moi qui rêve d’exprimer et de manifester l’unité, la cohérence de ma personne dans mes diverses activités et mes divers avatars sociaux) mais c’est aussi incontournable (je ne peux pas dire les mêmes choses à des « couches » de gens aussi différentes parmi mes relations, tout « ami » que l’on soit).

J’ai l’impression d’ailleurs que beaucoup de gens viennent sur Facebook, s’amusent un moment, découvrent l’outil mais ne le font pas vivre de façon active longtemps. Je pense que je me rangerai plutôt dans cette catégorie, mais enfin, on verra…