Je passe par toutes les couleurs de l’arc en ciel émotif.

Hier je me sentais complètement au top, à l’aise, très content, excité mais au bon sens du terme, ressentant ma prise de parole à venir comme un soulagement, comme un aboutissement, comme une heureuse et attendue réunification de deux aspects de ma personne.

Et cela malgré un élément nouveau et pas des moindres ! Madame Valclair, alias Constance, va assister à la Table ronde. Je lui ai proposé pensant que c’était bien le moins et sans savoir si je souhaitais qu’elle me réponde positivement ou négativement. Elle est assez éloignée de mes préoccupations autour de l’écriture. Elle connaît mon intérêt pour les blogs, elle sait sans qu’on n’en ait jamais parlé vraiment ouvertement que j’en tiens un mais qu’elle ne lit pas. Elle a croisé très épisodiquement certains de mes blogamis et une fois au moins s’est trouvé plongée au cœur de nos problématiques, cet été, lorsque nous avons fait étape chez l’ami Pierre.

Etrangement je n’ai ressenti aucune angoisse particulière à la perspective de la présence de cette auditrice pas comme les autres. Là aussi il y a comme une forme de soulagement, celle de sortir de ce vague non-dit autour de mon blog et des mes écritures. Lira-t-elle ensuite, ne lira-t-elle pas ? Avec quelles conséquences ? C’est un autre chapitre et pas du tout anodin mais sur lequel, pour l’instant, je refuse de me pencher. Mais tout de même je me demande si derrière tout cela il n’y a pas une façon, certes étrange, certes contournée, de sortir des fameux silences que j’ai souvent évoqués.

C’était hier. Mais aujourd'hui le topo a été assez différent !

J’avais une réunion professionnelle à l’autre bout de Paris. La météo annonçait une journée enfin plus printanière. Je suis sorti en petite veste. Temps printanier, tu parles ! Il bruinait vaguement, j’ai eu froid en chemin puis pendant toute ma réunion.

En sortant je me suis senti patraque, dans le flou, à côté de mes pompes, avec l’impression d’être légèrement fiévreux. Pensée du grand écart : moi le matin dans mon personnage professionnel, et moi dans ce que je serai demain : sensation vaguement schizophrène.

Je suis rentré à la maison en début d’après-midi et j’ai déjeuné rapidement. La sensation bizarre a persisté. Ce n’est pas la première fois que ça arrive juste avant des échéances qui me secouent émotionnellement. En général ça passe quand je suis dans l’action. C’est ce que je me dis et je ne panique pas plus que ça. N’empêche ce n’est pas agréable et tout de même vaguement inquiétant.

Pour mon vendredi après-midi de liberté, je me suis tâté entre la Salon du Livre et un ciné. Finalement j’ai été au ciné et j’ai vu « Le temps des amoureuse », un film très intéressant sur le tressage du passé dans le présent à partir d’une rencontre avec des gens qui, adolescents, ont joué dans le film « Les petites amoureuses » de Jean Eustache. Il faudra que j’en reparle. Si je trouve le temps !

Me voici rentré à la maison alors que la nuit tombe. Ça va plutôt un peu mieux. J’écris ces quelques lignes. Je ne fais pas la tournée des blogs. J’ouvre juste le mien, je réponds d’une ligne au dernier commentaire. Je me tâte. Est-ce que je mets en ligne ou pas ce que je viens d’écrire ? Non, pas tout de suite en tout cas. Je ne veux pas en rajouter une couche. Après peut-être, une fois que ce sera passé. Tiens ça c’est encore une modalité que je n’avais pas utilisée (sauf pendant les vacances, mais là c’était uniquement par impossibilité matérielle) : la publication décalée dans le temps, histoire de ne pas susciter la réactivité dans l’immédiateté de l’instant.

Après ça je ferme, je m’éloigne tout à fait de mon écran. Jusqu’à dimanche soir. Au moins…