Ce soir j’ai repris la plume, enfin le clavier, et j’ai remis assez longuement le nez dans la blogosphère après un moment de presque complète mise à distance qui s’est prolongé plus que je n’imaginais.

J’ai carrément sauté à pieds joints par-dessus une semaine, sans venir déposer la moindre ligne ici, sans écrire non plus par ailleurs pour moi même. Il m’est même arrivé de rester quatre jours entiers sans aller sur internet (sauf pour lire et répondre à mes mails), sans faire tourner mon agrégateur, sans avoir la curiosité d’aller jeter un coup d’œil à mon propre site pour voir si un lecteur n’était pas éventuellement passé pour déposer un commentaire !

Bon, je sais, j’ai une rentrée professionnelle particulièrement chargée, je vais tôt au travail, j’en sors tard (enfin tard pour moi, ce ne sont tout de même pas des horaires de cadres d’entreprise !), je suis surtout absolument constamment occupé au bureau sans ces petits moments creux, fréquents en temps normal, qui sont de bienheureuses respirations. Et moi qui me débrouillais toujours pour prendre une après-midi hebdomadaire, en général mon précieux vendredi, je n’en ai pas pris une seule depuis la rentrée mais ça va venir cette semaine enfin, ouf…

Cela dit il n’y a pas que ça ! Parce que, tout de même, ce n’est pas la première fois que je traverse des zones de forte intensité professionnelle et ça ne m’empêche pas le soir de gribouiller un billet, de faire la tournée les blogs, de commenter ici ou là.

Et puis de toute façon il y a les week-end qui m’étaient habituellement moments d’expression. Or j’ai laissé passer le précédent sans écrire et sans me préoccuper de ma blogosphère. J’ai flemmardé, j’ai un peu bouquiné, j’ai fini un livre médiocre à propos de Charles Juliet, j’ai été à une fête organisée par une amie que nous n’avions pas vu depuis longtemps, j’ai consacré un peu de temps à des tâches associatives, j’ai été au cinéma voir « Non ma fille tu n’iras pas danser »…

J’ai pensé écrire, sur ce film notamment, dont j’ai bien envie de dire et de partager ce que je pense, le bon et le beaucoup moins bon. Mais ça n’a pas été plus loin. Je ne m’en suis pas fait plus que ça. J’ai laissé passer le dimanche, j’ai plongé dans ma nouvelle semaine tout aussi encombrée professionnellement que les précédentes, en n’ayant en rentrant le soir d’autres envies que de me poser, lire mon journal, dîner, me coucher tôt avec un livre.

Il y a donc au-delà de ce temps encombré, une mise à distance plus profonde de mon activité de blogueur, aussi bien en tant que lecteur, qu’en tant qu’écrivant qui a sûrement des causes plus profondes mais que je perçois mal. C’est comme si je ne parvenais pas à renouer vraiment après l’assoupissement estival. Comme si, désormais, manquait l’envie véritable, comme si manquait le carburant, issue des forces profondes, qui donne l’énergie.

Je ne suis pas le seul et ceci aussi explique en partie cela. Nombre de ceux, de celles, qui m’étaient les plus proches ont tendance à se faire rares, certains même se sont tus. Je lis ceux qui continuent activement en survolant et je me sens peu motivé pour interagir. J’ai découvert quelques nouveaux aussi à l’occasion d’explorations déjà anciennes, effectuées en pensant à ce travail auquel je contribue autour de l’archivage du net. Les lecteurs attentifs auront remarqué d’ailleurs sur ma blogroll quelques nouveaux liens de diaristes qui m’ont paru dignes d’intérêt et de signalement. Mais j’ai fait ces explorations sans ressentir l’habituelle palpitation joyeuse devant une nouvelle découverte, je ne me sens pas accroché comme j’aurais pu l’être auparavant, je ne cherche pas à rentrer en résonance, je ne laisse pas de commentaires qui pourraient conduire chez moi, qui pourraient amorcer un lien, une relation.

Pourtant, ce soir, je ressens une certaine envie de renouer vraiment avec tout ça, dans sa version tonique, dynamisante, porteuse. Ces derniers jours c’était une envie molle qui ne me permettait pas de passer par-delà la fatigue du jour. Aujourd'hui j’ai retrouvé une plus grande énergie. Est-ce un moment isolé ou bien le début d’un retour plus sérieux ? Je voudrais que ce soit le cas. Vais-je trouver le carburant ?