Je me suis réveillé sur un rêve étrange l’autre jour. Je me souviens peu de mes rêves et c’est dommage. Car j’aime ça, cette petite lucarne sur l’étrange, j’essaie autant que je peux d’en arrêter au réveil les images fuyantes.

Celui ci m’a laissé une impression un peu désagréable, un peu pénible, sans qu’il n’y ait eu pourtant rien en lui de proprement cauchemardesque.

Nous étions réunis dans un grand appartement pour une rencontre de blogueurs. C’était la fin de la rencontre, une fin de week-end, il y avait eu une rencontre festive la veille dont ce qui m’est resté du rêve prenait la suite mais sans que j’ai aucun souvenir de cet avant (autant qu’on puisse parler d’avant et d’après dans un rêve).

Nous étions six ou sept, des hommes et une seule femme, ce n’était pas des personnes de mon blogomonde réel, sauf la femme, identifié à une blogueuse bien connue, sans qu’elle ait toutefois le tonus, la gaieté, la pétulance qui caractérisent cette personne dans la réalité. Nous étions là comme en attente, nous parlions mais les discussions étaient laborieuses, étirées.

L’amant de la femme était là aussi mais ils se tenaient loin l’un de l’autre, ne semblaient pas avoir de connivence particulière.

La femme a dit : « Il est temps que je m’en aille prendre mon train ».

Je dis comme soulagé : « Oui , profitons-en pour sortir, allons déjeuner ensemble puis attendre tous nos trains respectifs, sortons de cet appartement sinistre ». Mais les autres ne voulaient pas : « on est là, on reste » et moi-même finalement je me suis décidé à rester avec eux.

La femme en partant fait le tour des présents, nous échangeons des bises, elle et moi nous effleurons nos lèvres, elle dit, comme s’excusant : « Oups, j’ai cru que c’était mon amant ».

Des discussions continuent, de plus en plus alanguies. On se sent enfermé dans l’attente. Un type dit : « Il y avait un enterrement hier. Je n’ai pas pu y aller. C’est dommage. J’aime beaucoup les enterrements ».

Un autre type est patron d’une petite entreprise industrielle. Il dit que les temps changent. Il se positionne très à gauche. Je lui demande comment ça se passe avec les syndicats ou comment ça se passait au temps où il y en avait encore. Il a l’air de trouver ma question cocasse, absurde. « Mais ça se passait très bien, il n’y avait jamais de problèmes. Pourquoi y en aurait-il eu ?».

On parle de nos liens de blogs. On les confronte. Quelqu’un évoque parmi ceux qui lui sont proches celui d’un blogueur qui est un scientifique anglais qui connaît mon fils, ça me semble étrange, gênant, qu’il y ait ce lien explicitement fait entre ma vie de blog et ma vie réelle.

Je me suis éveillé là-dessus avec une sensation de pesanteur, de malaise, avec l’impression d’être englué dans quelquechose dont je ne parvenais pas, dont je ne parviendrais pas à sortir.

Ce rêve en réalité date déjà d’il y a quelques jours. Je l’avais noté sur une feuille au réveil. En le relisant je n’en retrouve presque rien. Il n’y a plus vraiment présence du rêve à ma conscience, plus de présence des images, plus de présence de l’ambiance. La relecture du récit ne me ramène rien, aucun affect en tout cas. Je ne fais que lire un texte d’un oeil froid, un texte qui m’apparaît sans grand intérêt, même pour moi. Alors j’imagine pour autrui. C’est pourquoi la relecture des rêves, même des siens, est le plus souvent décevante, pour ne pas dire ennuyeuse. J’en ai souvent fait l’expérience en en relisant certains, consignés parfois depuis plusieurs années.

Tout de même je m’efforce de les attraper. L’idée que leur matière se perde complètement m’est pénible. C’est ce qui serait arrivé avec celui-ci si je n’étais pas retombé sur cette feuille volante où je l’avais noté au réveil et si je ne m’étais décidé à en figer la trace en en faisant la matière de ce billet.