Déjà au mois de septembre j’avais quasiment « oublié » mon blog et mon blogomonde pendant une semaine. Ça s’est reproduit et cette fois ça a duré plus longtemps. Presque deux semaines sans que j’éprouve le besoin d’ouvrir mes Echos ne serait-ce que pour voir si des commentaires avaient été déposés. Deux semaines sans écrire une ligne ! Deux semaines sans ouvrir les fils de nouvelles de mes blogamis et sans aller les lire ! Je n’y pensais simplement pas. Ou à peine. Ça me glissait à travers l’esprit sans que je m’y arrête.

J’ai ainsi omis de faire le moindre signe à ceux qui avaient commenté mon dernier billet. Merci à eux, merci à vous. Car cela me fait plaisir, malgré tout, que vous soyez passé même si je ne suis pas réactif. Paradoxe de la présence/absence. Et puis je trouve ça joli que soit resté assez longuement en première position le commentaire titré « sagesse ». Ça pourrait presque passer pour un programme !

Aujourd'hui je me suis refais une soirée blog comme on se ferait une soirée télé ou cinéma. J’ai fait une tournée des blogamis, avec lecture plus ou moins diagonale et puis j’ai écrit ce billet. Je suis content de l’avoir fait, je l’ai fait avec plaisir mais au départ il a fallu que je me pousse un peu, je n’en éprouvais pas le besoin.

Je me suis dit : il y en a qui doivent s’interroger : mais l’est où le Valclair ? L’est mort ou quoi ? Non l’est pas mort ! Il va. Ni mieux, ni moins bien. Il se laisse glisser au fil des jours sans projets mirifiques, sans enthousiasmes communicatifs, sans palpitations de cœur, mais sans non plus tristesse ou anxiété particulière…

Cette absence n’est pas liée à une quelconque surcharge de travail ni non plus au fait que je me serais engagé dans d’autres projets, qu’il soit d’écriture ou d’une autre nature. J’ai l’impression que je me laisse juste aller au fil du quotidien, de mon travail, de ma vie familiale sans aspérités, de mes activités associatives, de mes lectures, des films ou spectacles que je vois, sans m’acharner à en tirer quelque chose, sans l’analyser sans cesse ou tenter de le mémoriser en le mettant en mots, avec l’illusion de croire ainsi le retenir. Des choses restent, d’autres fuient, s’effacent, se perdent. Laissons-les fuir, s’effacer, se perdre. Tâchons juste d’être bien, d’être le mieux possible dans notre quotidien.

Par ailleurs je n’ai pas plus que ça envie de reprendre les nouvelles que j’avais amorcées et qui se sont perdues au moment du crash de mon ordinateur. J’ai le sentiment que d’autres textes, dont l’idée pourtant flottait au rebord de ma conscience, ne trouveront pas plus le chemin de la mise en mots. Et je vis cet éloignement de l’écriture sans frustration. En vérité je n’ai pas le sentiment d’avoir une œuvre à écrire, ni même une oeuvrette. Si c’était le cas je m’en serais aperçu bien plus tôt ! Rien de nécessaire. Juste, à l’occasion, pour moi, quand l’envie en est là, le plaisir de le faire.

La motivation liée à la communication, puissant moteur de l’écriture en ligne, s’est elle aussi vivement atténuée comme je le ressentais déjà en écrivant le billet sur la blogovie assoupie. (J’y mettais un point d’interrogation. Je crois que je ne le mets plus. En fait il serait plus exact de parler de l’assoupissement de ma propre blogovie, de mon désir de blogovie. Enfin il en reste quelque chose puisque c’est avant tout pour ne pas rester trop longtemps silencieux et pour donner quelques nouvelles que je suis venu écrire ce soir).

Il me semble plus profondément qu’il y a dans mon attitude de détachement comme un écho à cet incident récent de la perte de mes données et de mes photos. Comme si cette perte avait surgie à point nommé, comme pour me faire prendre conscience et actualiser en moi une tendance lourde mais encore latente, celle d’un certain détachement, d’un lâcher prise, à l’égard de bien des choses qui semblaient m’importer beaucoup et qui finalement m’importent peu.

C’est pourquoi j’ai appelé ce billet détachement 2, plutôt que « éloignement » ou « mise à distance » ou « inappétence d’écrire » ou je ne sais quoi d’autre.

Rien ne dit que je resterai dans cette disposition d’esprit.

Rien ne dit que je ne serai pas repris d’intense envie d’écrire ici ou ailleurs.

C’est pourquoi je ne ferme pas ce blog. Je ne dis même pas que je l’arrête. Simplement j’entretiens avec lui désormais un rapport beaucoup plus détaché et je sais que je ne viendrai plus vers lui par obligation à faire un billet sur tel ou tel sujet ou simplement pour ne pas trop me faire oublier.

Donc, à la prochaine fois, peut-être à très bientôt et peut-être à beaucoup plus tard !