Cette nuit j’ai eu une insomnie. Je me suis réveillé vers quatre heures, impossible de me rendormir. J’ai essayé de lire, essayé d’écrire mais sans succès. J’ai entendu sonner mon réveil à sept heures moins le quart comme d’habitude (on est dimanche mais bêtement j’avais oublié de débrancher !) alors je me suis dit « bon, puisque je ne dors pas autant me lever… »…

Et c’est alors que je me suis rendormi sans le voir venir. Sans doute me manquait-il juste un peu de rêve car ce nouvel endormissement fut de très courte durée, juste le temps de ce voyage au pays des songes. Fulgurance du rêve qui s’est déployé dans un temps réel très court alors qu’il semblait s’étirer interminablement et que la part d’angoisse qu’il recelait tenait précisément à des attentes qui n’en finissaient pas. A sept heures en effet j’étais bien éveillé et cette fois je me suis levé et j’ai gribouillé les quelques mots qui suivent pour retenir le rêve.

Je fais la queue à l’entrée d’un bâtiment. Nous nous rendons à une conférence. Je suis à côté de M.L. qui doit animer la séance, présenter les conférenciers et qui semble assez anxieuse. Je l’encourage. A côté de moi il y a également Coumarine, je lui glisse à l’oreille sur un ton de complicité : « hé, hé, elle flippe un peu, M.L., elle n’a pas l’habitude comme nous ». 

Il y a beaucoup d’autres activités dans le bâtiment qui semble être une sorte d’université. Je perds de vue M.L. et Coumarine qui se rendent directement dans la salle, moi je veux aller déjeuner d’abord, j’hésite un peu car il y a de la queue là aussi, je me mets dans la file, je suis presque au bout mais pour je ne sais quelle raison je l’abandonne et m’éloigne, ensuite je veux revenir mais je n’ose pas la reprendre là où j’étais arrivé, je recommence donc à faire la queue non sans un sentiment d’angoisse à l’idée d’être en retard à la conférence. La queue stagne alors qu’à nouveau je suis presque au lieu où me servir, les employées qui alimentent la chaîne semblent parties, elles reviennent enfin et nous avançons à nouveau, je peux commencer à me servir mais il n’y a en fait presque rien à manger, mon plateau est vide, j’aperçois tout de même un yaourt aux fruits dont je m’empare, je m’aperçois que j’ai oublié de prendre des couverts, je veux revenir en arrière pour les prendre mais il n’y a pas moyen, je sens que le climat dans la queue immobilisée à nouveau derrière moi se dégrade, des gens se disputent, se mettent à crier, je pense tout à coup que c’est un self universitaire, que l’on doit payer avec des tickets que je n’ai pas, on va me virer de toute façon, je ne pourrai emporter le peu que j’ai sur mon plateau. Sur cette angoisse, je m’éveille…

Rêve plutôt anodin et sans rien de particulièrement bizarre ou croquignolet justifiant que je puisse chercher à le retenir. Ce qui m’a frappé cependant c’est cette incongruité à voir rassemblées Coumarine qui vient de mon blogomonde et M.L. qui en est à mille lieux et qui n’a jamais dû lire un blog de sa vie. Et surtout le caractère extrêmement net, ressemblant et sans ambiguïté des deux personnages. C’est très inhabituel chez moi, mes visiteurs en rêve sont le plus souvent assez indéterminés ou patchwork de plusieurs, ou bien encore, s’ils sont une personne donnée, ils ne lui ressemblent pas forcément physiquement.