Bien sûr ce serait un peu trop simple, voir légèrement malsain, s’il n’y avait que l’euphorie ! Il y a aussi les doutes voire le découragement.

Pendant deux jours nous n’avons quasi pas émergés, triant et vidant les endroits de la maison où ont été entassés toutes les choses qui ne sont pas parties au garde-meuble, à priori les moins précieuses et intéressantes. Nous sommes dans la poussière jusqu’au nez. C’est invraisemblable de voir tout ce qui a pu être accumulé dans des maisons où la place n’était pas un problème, par de vieilles personnes au long de toute une vie (voire de plusieurs puisque mes grands parents selon les habitudes d’accumulation propre à leurs familles paysannes et petites bourgeoises étriquées et malthusienne (peu d’enfants pour éviter les partages !) avaient eux mêmes largement conservé tout ce qui leur venaient de leurs parents). A côté de jolis services de table et de beaux meubles, on trouve des quantités extraordinaires de vaisselle dépareillée, d’outils inutilisables, de linges et de torchons, voire des sacs de ficelles ! On croyait avoir à peu près épuisé les gisements de cochonneries diverses lors de nos précédents passages mais que nenni !

On tente de trier entre ce qu’on veut garder, ce qu’on peut donner à Emmaüs et ce qu’il faut jeter. On met tout ça en cartons et dans ce genre d’activités, quand on est au milieu de gué, lorsque tout est sorti et que rien n’est rangé, on est parfois saisi de vagues de découragement qui font un instant baisser les bras et regarder le chantier bouche bée, volonté annihilée.

Pour faire bonne mesure le temps a changé. Il souffle un fort vent d’Autan qui abrutit et maintient une atmosphère chaude et lourde. Le vent d’Autan c’est la grande hantise de Constance dans ce lieu. Tant qu’il souffle il est capable de lui faire carrément détester la région. Et je sais bien qu’alors mes propres enthousiasmes sont sérieusement mis en doute de son côté, ce qui me rappelle au passage qu’on n’est tout de même pas tout à fait sur la même longueur d’onde par rapport à ces projets.

Je fais avec. Mon choix est fait. Mon découragement ne peut être que passager et mes doutes n’en sont pas vraiment.

Maintenant nous attendons la réunion décisive et conclusive avec les assurances. Incessamment sous peu !