Journées tranquilles, paresseuses… Pas suffisamment actives à mes yeux. Il y a des piles de choses que je me promettais de faire et qui n’ont pas avancé. Je me lève en douceur le matin, ne suis pas prêt avant dix heures, j’apprécie de plus en plus les petites siestes l’après-midi, une petite bouquinade, une petite sortie, un petit ciné, avec tout ça les jours sont vite passés. On me dira : c’est les vacances, ça fait du bien de se laisser aller un moment à un tempo très alangui, oui, d’accord, mais il ne faudrait pas qu’il en soit trop ainsi lors des longues, longues vacances qui se profilent.

Quelques lectures. Ma PAL s’est un peu réduite. J’ai enfin lu les deux livres venus à moi par la grâce d’une voyageuse transatlantique et ça m’a été l’occasion de pensées pour elle, bonne année à toi chère Ondine. « Nous seuls » d’Emmanuel Kattan. Plutôt médiocre, écriture plate, personnages sans grand relief au-delà de leur passion destructrice, livre lu un peu en diagonale. « Cartes postales de l’enfer » de Neil Bissondath, très bon au contraire. Les personnages ici ont bien plus d’épaisseur, la jeune Sumintra tâchant de trouver sa voie entre ses deux cultures est particulièrement attachante, j’aime beaucoup la façon dont se noue et dont est racontée l’idylle entre les personnages. Je crois que j’aurais préféré une happy end justement parce que Sue m’était devenue si sympathique. La réflexion que suscite le livre autour des thèmes de la transparence et du secret est fort intéressante. On croit d’abord y lire une défense du cloisonnement de la vie, de la nécessité d’espaces étanches à ménager, ça l’est d’une certaine façon mais le drame final inverse en partie la perspective. J’avais envie d’écrire un billet spécifiquement sur ce thème qui le mérite et fait écho en moi, mais bon, la flemme vous dis-je, mon billet lui-même est paresseux…

J’ai vu quelques films aussi ces derniers jours :

« Tetro » de Coppola. Pas mal, bourré d’énergie, le climat émotionnel est bien rendu, une très belle photo noir et blanc, une excellente prestation d’acteur de la part de Vincent Gallo, quelques très belles scènes mais une histoire de famille un peu boursouflée et un peu étirée, surtout sur la fin, donc pas le chef d’œuvre tout de même que certains y voient.

« Le père de mes enfants » de Mia Hansen-Love. C’est une histoire de famille aussi mais tout à l’opposé du tortueux Tetro. Un producteur de cinéma indépendant, son hyper-activité professionnelle et ses moments lumineux en famille, l’accumulation des difficultés financières, le suicide, le choc pour sa famille, l’effort de sa femme pour terminer le dernier film avant la liquidation, le processus de deuil et la vie qui continue. C’est un récit tout simple, linéaire, chronologique, sans romanesque, sans chichi scénaristique ou de mise en scène mais qui prouve justement dans sa simplicité, dans sa fluidité, un grand talent de mise en scène et de direction d’acteurs. Il n’y a rien et il y a tout, la vie, la mort, une émotion très intense, avec des personnages qui, aussi différents soient-ils de nous, nous ressemblent. Les acteurs sont formidables, les gamines sont absolument adorables, l’ado aussi et tous d’une totale justesse. Oui c’est ça la caractéristique de ce film, de bout en bout, une justesse absolue.

« Les chats persans » dont l’intérêt est surtout documentaire, avec quelques morceaux de bravoure (la séquence avec l’intermédiaire pour les visas, la tchatche très orientale de l’ami , spécialement dans la séquence chez le juge). Beaux moments musicaux aussi mais affaiblis à mon sens par l’esthétique de clip trop systématique des images qui les accompagnent. J’ai vu ce film aussi en pensant aux iraniens d’aujourd'hui, presque comme un acte de solidarité. Je me sens une empathie particulière pour le combat de ce peuple et de cette jeunesse. Rien n’a bougé depuis la période du Persépolis de Marjane Satrapi ou plutôt les choses se sont encore durcies mais la cocotte semble prête à exploser, alors il y a vraiment l’espoir que ce régime détestable, au-delà de sa fuite en avant répressive, finisse par se décomposer comme en leur temps les dictatures de l’est. Ça c’est un de mes souhaits très concrets pour l’année qui vient. Dans la foulée j’ai commencé la lecture de « Passeport à l’iranienne » de Nahal Tajadod, un récit à la fois drôle, picaresque et très bien documenté des mésaventures d’une franco iranienne pour pouvoir récupérer un passeport et rentrer à Paris.

Petit dîner tranquille ce soir avec un couple d’ami. Quelques bonnes choses au menu mais sans excès pour le coup. Un peu de champagne certes mais je ne sais même pas si on ira jusqu’à minuit. J’ai de moins en moins envie de célébrer les passages, allez donc savoir pourquoi…

Allez sur ce, je vous laisse et je vais de ce pas à mes cuisines…

Bonne année à tous…